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Des origines germaniques aux premières cohortes auxiliaires

 

 

 

«C’étaient des hommes rudes et d’une grande valeur guerrière ; ils accablaient les autres Belges de sanglants reproches pour s’être soumis à Rome et avoir fait litière de la vertu de leurs ancêtres.» Jules César, Guerre des Gaules. 


« Les gaulois ne sont vaincus que par le hasard, jamais par la force. » Claudien, De Bell. Gild., V, 431. 


Les Origines Nerviennes


Jules César ayant un mandat pour conquérir la Gaule, dessine lui même les contours de cette Gaule, en la divisant en trois parties : Aquitaine, Celte et Belge. Il espère ainsi éviter des manœuvres juridiques de la part de ces ennemis à Rome. Les Belges faisaient partie des peuples les plus rudes de toute la Gaule. Les Belges sont eux-mêmes divisés en plusieurs tribus, dont les Nerviens.


César mentionne un témoin Gaulois, qui affirme que les Nerviens ont des origines Germaniques. Strabon mentionne explicitement l'origine germanique des Nerviens. Tacite a écrit que les Nerviens « affectionnaient hautement leurs origines germaniques, disant que ce sang noble les séparaient de toute similitude avec les Gaulois » ("Germania" par. 28).


Une plaque commémorative, trouvée en Grande-Bretagne, mentionne « La première cohorte Nervienne germanique, 1000 hommes et équestres, commandée par… ». Il y a peu de doute: les Nerviens n'étaient pas Gaulois. En revanche, ils faisaient partie du monde celtique. 


Les révoltes Nerviennes dans la Guerre des Gaules


Que l’on parle toujours de Gergovie ou d’Alésia est louable, mais la bataille du Sabis (57 av J.-C.) aurait pu faire tourner la chance du Général Caius Julius Caesar. Les Nerviens, un des peuples les plus rudes, seront à la hauteur de leur réputation, des guerriers rudes, qui ne démordront pas face à l’envahisseur, allant même jusqu'à rentrer dans le camp de César. Il fallût beaucoup de chance aux Romains pour vaincre, la faiblesse des Atrébates, bataillant face aux Xe et XIe légions.   


César conscient de la chance qui lui permit de vaincre, donna aux survivants Nerviens le droit de rentrer chez eux, avec leurs familles, et les préserva du pillage de ses légions. Il somma même les peuples voisins de laisser les Nerviens tranquilles. César pensait alors conquérir le cœur de ses guerriers, en se montrant généreux avec les vaincus. Malgré la générosité de César, les Nerviens reprendront les armes en -54, et avec l’aide des Eburons  ils assiègent le camp de Q. Cicéron. Un Nervien du nom de Vertico, fidèle esclave de Cicéron déjoua les palissades, et envoya un courrier à César pour qu’il vienne au secours de Cicéron. Les Nerviens donnèrent également 5.000 hommes à Vercingétorix lors du siège d’Alésia.


Jeunes Nerviens deviennent gallo-romains


Bagacum fut créée lors de la romanisation de la Gaule par Auguste. Elle devait devenir la capitale de la civitas des Nerviens. Nous sommes alors en 14 av J.-C. Dés le début de la construction de cette capitale, les Nerviens entrent dans l’armée romaine, en tant qu’auxiliaires. Ils participeront à la campagne de Germanie au coté du célèbre Drusus, fils préféré du divin Auguste. Cette campagne se déroula entre 12 et 9 av. J.-C. Drusus était légat de la Gaule en 13 av. J.-C. Il recruta des non-citoyens Romains qui deviendront auxiliaires de l’armée romaine.  


En 12 av. J.-C. il commence la première campagne de Germanie, repoussant d'abord une nouvelle invasion des Usipètes, des Tenctères et des Sicambres, la terminant par une expédition navale sur la terre des Frisons et des Chauques.  


En 11 av. J.-C. Drusus opère plus au sud, battant une nouvelle fois les Usipètes et les Sicambres, les Marses et les Chérusques. Ces exploits lui valent de recevoir les honneurs du triomphe, tandis que ses soldats lui confèrent le titre d'Imperator. 


En 10 av. J.-C. il se lance dans une nouvelle campagne en territoire germanique en opérant encore plus au sud. Depuis la forteresse de Mogontiacum (Mayence), il combat les peuples Chattes, Tenctères et Mattiaces.  


En 9 av. J.-C., à l'âge de 28 ans il combat d'abord contre les Marcomans, puis une nouvelle fois les tribus Chattes et les Chérusques, rejoignant l'Elbe, mais il meurt peu après des suites d'une chute de cheval. C’est en 9 av J.-C. que le célèbre Arminius fut otage de Rome. Nous aimerions pouvoir dire que les cohortes auxiliaires Nerviennes ont participé à cette célèbre capture, mais seules les dates concordent, aucun texte, aucune source archéologique ne peuvent confirmer cette hypothèse. A sa mort, et en son honneur un monument funéraire fut érigé à Moguntiacum par ses légions gauloises. 


Durant les campagnes aux côtés de Drusus, Tite-Live s’attarde, dans son ouvrage Periochae, sur deux chefs Nerviens qui se distinguèrent, « inter primores pugnaverunt Chumstinctus et Avectius tribuni ex civitate Nerviorum ». Ces deux chefs devaient être estimés pour que cet auteur réputé mentionne leurs noms. 


A la chute de Néron, Vitellius est nommé à la surprise générale par Galba, commandant des légions de Germanie inférieure. Dans les années 70 de notre ère, Vitellius arme tant bien que mal les Nerviens et les Tongres pour combattre la révolte des Bataves. A Asberg, les Nerviens de l’armée de Vocula, cèdent devant Civilis. Même chose après la révolte des Trévires et des Lingons. Sous le commandement de Claudius Labeo, chef Batave au service de Rome, les Nerviens perdent une nouvelle fois face à Civilis, et passent sous ses ordres. Le légat Fabius Priscus devra ruser pour rendre les Nerviens au service de Rome.