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Le Maquillage et la coiffure dans l’antiquité romaine 

le rôle de l’Ornatrix.


« Une boucle, une seule, était fautive, de toute la couronne formée par les cheveux : une épingle mal fixée n'avait pas tenu. Ce crime, Lalagé l'a châtié avec le miroir qui le lui avait révélé, et Plécusa s'est affaissée sous le coup, immolée à cette terrible chevelure. »

                                                                                      Martial, Épigrammes, II, 66

 

L’Ornatrix est l’esclave qui coiffe et maquille sa maîtresse. Elle a un rôle essentiel auprès des très riches femmes romaines, tant le paraître et la mode sont importants dans l’antiquité.

La coiffure de ces femmes est connue grâce aux statues et pièces de monnaies qui nous sont parvenues par l’archéologie. Les principales coiffures nous viennent des impératrices. En véritable icône sociale, l’impératrice lançait une mode qui était suivie à Rome d’abord, puis dans le reste de l’Empire Romain. Ainsi, on peut voit la mode évoluer au fil des siècles.


               

Plotine, femme de Trajan : (98-117) coiffée de nattes tombant

dans la nuque et parée d’un diadème.

 

Buste d’époque flavienne, coiffure dite du Nid d’abeille,

Musée du Capitole, Rome

 

Certaines se teignaient les cheveux, elles aimaient d’après Ovide (Les Amours, I, 14), « le blond de Germanie »(la lysimaque permettait de blondir les cheveux), le noir du sud ou le roux. Même si la plus part du temps, elles portaient des perruques qu’elle faisait venir des frontières de l’empire pour impressionner et plaire à la haute société. Cependant, de nombreux auteurs n’ont cessé au travers de leurs livres de les prévenir du danger de ces pratiques (perte de cheveux, brûlures, etc.). Elles avaient pour habitude de friser leurs cheveux, ce qui encore une fois, les fragilisait, « C'est un crime, oui, un crime de brûler tes cheveux ; ils te vont très bien naturellement ; cruelle, épargne ta tête. Loin de toi cette violence ! Ce ne sont point des cheveux à brûler au fer ; ils montrent d'eux -mêmes sa place à l'aiguille. »

 

Toutes les femmes ne suivaient pas la même mode : les matrones préféraient le plus souvent les coiffures compliquées, voire extravagantes. De même, certaines femmes, en Gaule romaine, préféraient la simplicité d’une coiffure plus pratique qu’esthétique. Beaucoup se coiffaient de natte ou chignon qu’elles attachaient avec des épingles en os.

 

Quant au maquillage, le teint était blanchit par de la craie (qui a très tôt remplacé la céruse de plomb, toxique pour la peau). Les dames aimaient que leur peau soit blanchie pour se démarquer des femmes et esclaves qui travaillent et qui sont susceptible d’avoir une peau bronzée par le soleil qu’imposait leur labeur extérieur. Toute la subtilité résidait dans le fait de ne pas avoir un teint blafard pour ne pas sembler malade.

Les yeux (jusqu’aux tempes) étaient relevés de plusieurs couleurs, du bleu, du vert (la malachite donnant un vert pastel), ou encore d’ocre jaune. Elles pouvaient aussi utiliser le principe du khôl avec du noir de vigne afin de relever le regard. Les joues étaient maquillées de rouge ou rose et les lèvres de rouge lie de vin ou d’autres couleurs.

Il est évident que cette description dépend avant tout de la région dans laquelle vivaient ces femmes, de la classe sociale, ainsi que des produits qu’elles utilisaient. Certains étaient beaucoup plus chers que d’autres, à Rome, pour avoir de l’ocre rouge, il fallait le faire venir de Gaule Belgique. Quant au henné (connu pour teindre les cheveux mais aussi les ongles) il fallait le faire venir de l’autre bout de l’empire !

 

L’Ornatrix préparait le maquillage sur une palette à fard et utilisait de nombreux objets pour préparer sa maîtresse, des pinceaux lui servaient pour appliquer le maquillage, elle l’épilait également avec l’aide d’une pince et disposait de tout un nécessaire de toilette.

 

Les produits de cosmétique étaient contenus dans différents petits pots, comme des pyxides, des fioles et autres pots.

C’est à travers cet aspect passionnant de la vie des femmes et de la mode dans l’empire romain, que Bagaconervio vous propose de découvrir Ania, l’Ornatrix d’une très riche maîtresse nervienne. A travers ses objets et son discours, Ania vous expliquera plus en détails les façons de parer une femme dans l’antiquité romaine.

 

Pour vous aider !

Bibliographie générale:

GILBERT François, La femme romaine au début de l’empire, Paris, Errance, 2006.

MOMMESSIN Anne-Marie, Femme à sa toilette : beauté et soins du corps à travers les âges, Levallois-Perret, Altipresse, 2007.

PELLETIER André, La femme dans la société gallo-romaine, Paris, Picard, 1984.

ROBERT Jean-Noël, La mode à Rome, Paris, Les belles lettres, 2011.

VIRGILI Paola, Acconciature e maquillage, Roma : Edizioni Quasar, 1989.

Les auteurs antiques :

JUVÉNAL, Satires, Livre I.

MARTIAL, Epigrammes, Livre II.

OVIDE, L’art d’aimer, Livre III.

OVIDE, Les remèdes à l’amour.

PLINE L’ANCIEN, Histoire naturelle, Livre XXX.

Livre d’exposition :

Le Bain & le miroir, Soins du corps et cosmétiques de l’Antiquité à la Renaissance, Paris, Gallimard, 2009.